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MARIE, MERE DE JESUS DANS LE CORAN

ET SES POINTS CONCORDANTS AVEC LA BIBLE

Sommairement, ce qu'il faut savoir...

En amorce du thème de Marie dans les textes coraniques que je souhaite aborder, j’aimerais souligner que le Coran et la Bible proviennent d’une même source qui se fait écho. Parmi cet  écho: l’unicité de Dieu : un Dieu des chrétiens et des musulmans, Jésus : plus Messie chez les chrétiens et prophète chez les musulmans, et sur ce, rappelons que Jean-Paul II proclame à Kaduna, au Nigéria en 1982 un lien inter-religieux : «…Donc nous pouvons nous appeler au vrai sens des mots : frères et sœurs dans la foi en le seul DieuGrâce à la foi que nous avons en Dieu, la Chrétienté et l’Islam ont beaucoup de choses en commun. » Et non des moindres, l’écho de Marie, qui, dans le coran se prénomme Maryam, fille d’Imrân et de ce fait sœur de Moïse et d’Aaron (référence à ses ascendants/ sa filiation supposée même si il y a plus d’un bon millénaire qui les sépare), d’ailleurs, sur sa maternité douteuse sans père, les Israéliens la calomnient  : « Sœur de Haroun, ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas une prostituée. » (19:28) Et son autre résonance, la mère de Jésus.

Mais qui est Marie dans le Coran ?

Marie (Maryam, en arabe) est citée à 34 reprises dans le Coran, le texte fondateur de l’Islam lui loue même la sourate 19 aux 98 versets dite « sourate de Marie » comme indiquée dans le cours : naissance de Jésus (sourate19:16-35). Les écrits coraniques disent d’elle que sa mère, la femme d‘Imrân, l'a consacrée à Dieu dès sa naissance (3, 35-36), que Zacharie s’est occupé de son éducation “dans le sanctuaire” (3,37), qu’elle a reçu “bonne nouvelle” d’une “parole” lui venant de Dieu (3,45), qu’elle est donc devenue enceinte sans concours d’homme “sous l’action de l’esprit de Dieu”(L'ange Gabriel) qui se présente à elle sous la forme d’un homme parfait (19:17, 20-21), elle accouche de son fils dans le désert au pied d’un palmier qui la gratifie de dattes fraîches et d’une eau désaltérante (19:25-26), elle présente son bébé “aux siens” répondant par un “jeûne du silence” à leurs accusations de prostitution (19:26-28). Notons bien qu’au début, Maryam est troublée et déconcertée par ces paroles. Elle dit, incrédule : « Seigneur ! Comment pourrais-je avoir un enfant alors qu’aucun homme ne m’a touchée? ». Il dit : « Ce sera ainsi.  Dieu crée ce qu’Il veut.  Quand Il décrète une chose, Il dit seulement « Sois ! » et elle est aussitôt. » (Sourate 3:47) Lorsqu’elle ressent les douleurs de l’accouchement, elle s’agrippe au tronc du dattier et, sous l’effet de la souffrance, elle s’écrie : « Ah ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée ! » (19:23) Délivrée, Maryam doit affronter les siens mais comme Dieu le lui avait ordonné, elle ne parle point.  Elle pointe du doigt son bébé et c’est ainsi qu’à peine nouveau-né, Jésus, prophète de Dieu, accomplit son premier miracle en s’exprimant : « Je suis vraiment le serviteur de Dieu.  Il m’a donné le Livre et m’a fait prophète ; Il a fait de moi une source de bénédiction où que je sois, et Il m’a enjoint la prière et la zakat tant que je vivrai.  Il m’a rendu dévoué envers ma mère et Il ne m’a fait ni insolent ni misérable.  Que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant ! » ( 19:30-33). Notons que la zakat est l'acte de donner de l'argent aux plus pauvres pour les musulmans (la charité est l'un des cinq piliers commandés par le Coran et que les croyants doivent accomplir.) A souligner aussi que l’Islam rejette la notion chrétienne selon laquelle Jésus ferait partie d’une trinité, de même que l’idée selon laquelle Jésus et Marie devraient être adorés, de quelque manière que ce soit.  Le Coran affirme de façon catégorique qu’il n’existe qu’un seul Dieu et que nul ne mérite d’être adoré à part Lui (Cf . mon 1er devoir). En résumé, pour les musulmans Maryam est considérée comme un signe (aya) (23, 50-51) et un modèle de foi en Dieu (mathal) (66, 10-12) pour l'humanité. Le Coran mentionne que Maryam a été spécialement choisie par Dieu et rendue pure (3,42), qu'elle est une sainte femme (siddiqa) (5, 75), de recours instinctif à Dieu (19,18), d'abandon à sa volonté (3, 37 ; 19, 21), de piété et de recueillement (19, 17), de silence respectueux (19, 26), de prière (3, 43),…

Les points concordants des textes coraniques sur Marie dans la Bible :

Même si les récits sur Marie, dans le Coran et dans la Bible, partagent certains points en commun, l’idée selon laquelle Marie était fiancée ou mariée est totalement dénigrée par l’Islam. Joseph, époux de Marie dans la Bible, n’y est nullement mentionné.  Pour les musulmans, qui ne croient pas au péché originel pour chaque être humain, Maryam n’a pas eu besoin d’être préservée. La prééminence de Maryam dans le Coran est résumée par un verset qui rappelle la salutation, l’annonciation de l’Ange Gabriel à Marie dans l’Évangile de Luc. Dans le Coran, l'ange Gabriel se présente à elle sous la forme d’un homme.  Comme il était tout près d’elle, elle eut peur et invoqua la protection de Dieu.  L'ange Gabriel lui dit alors qu’il n’était pas un homme ordinaire, mais un ange envoyé par Dieu pour lui annoncer qu’elle allait porter un enfant d’une grande pureté (19 :16-19).: « Marie, Dieu t’a choisie. II t’a rendue pure, et t’a exaltée au-dessus de toutes les femmes de l’univers. » (3,42). Dans le Coran, Jésus n’a pas de père naturel, et Dieu ne l'est point (112, 3 « Dieu n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus » (cf. sourate 112,3 AL-Ikhlas :le monothéisme pur). Sa  mère se prénomme  Maryam  ou Marie dans le Christianisme. Ainsi le Coran nous donne cependant un indice qui va dans le même sens, à la sourate 3, 45 - il est dit : « Ô Marie, voilà qu’Allah t’annonce une parole de Sa part : son nom sera « Le messie », « Issa », fils de Marie.» Notons que dans les deux religions, Jésus est célibataire et n’a pas de descendance. Maryam ou Marie met au monde Jésus de manière miraculeuse, cf. évangiles de Mathieu et de Luc.  « Marie » ou "Maryam " est consacrée à Dieu, accueille le verbe de Dieu, porte en son  sein Issa ou  Jésus,  le  consacre à Allah ou à Dieu  sans qu’Il le lui  ait demandée. Maryam ou Marie a  une descendance sous la protection du Divin malgré que Jésus  soit crucifié en Sauveur du Monde puis ressuscité et Issa  élevé et rappelé auprès d'Allah dans les cieux (Cf. Jésus dans le Coran). "Maryam "ou « Marie », pure, servante de Dieu, n'a aucun rôle de prophétesse mais elle conserve un rang honorifique dans les textes religieux et elle est tenue en haute estime par les croyants musulmans et chrétiens.

Dans le Coran, aucune autre femme ne reçoit autant d’attentions que Maryam  bien que tous les prophètes aient eu une mère, à l’exception d’Adam. Malgré des traditions patriarcales, où les hommes sont des élus, des privilégiés, Maryam, est une femme, modèle de piété pour avoir enfanté l'élu à la demande de Dieu.

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SENS DU MONDE MARIE DANS LE CORAN

L.A.D