BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR
Laurent Adicéam-Dixit : au carrefour des médias et des cultures du monde.
D’origine indienne et ancré dans sa culture natale, tout en étant profondément attaché à la France, Laurent Adicéam-Dixit revendique un intérêt marqué pour les cultures du monde. Voyageur régulier, il a séjourné sur plusieurs continents, nourrissant une curiosité constante pour les traditions, les arts et les expressions culturelles internationales.
Sa vie professionnelle s’inscrit très tôt dans l’univers des médias. Il devient l’un des plus jeunes auteurs membres de la SACD. Dès son adhésion, il coécrit avec Éric Assous : IMDB, avant d’enchaîner de nombreux projets pour les télévisions en France et en Europe. En mai 2004, sa pièce « Un héritage coûte que coûte » est jouée au Théâtre Firmin Gémier à Antony avec Patrice Drevet. En janvier 2006, il est finaliste, aux côtés de sa co-auteure Caroll Beaudroit, au FIPA du « Grand Prix du meilleur scénario de télévision » (France 2), pour un projet d’adaptation de « La recette du bonheur », tiré du livre biographique de Jean Mélisson.
Depuis 2000, il est attaché de presse pour la sortie de films indiens en France, tous genres confondus. Journaliste dans la presse écrite pour Pariscope, Première.fr et Les Nouvelles de l’Inde pour le compte de l'ambassade indienne, il développe une activité de critique de spectacles inspirés des traditions de son pays, mettant en lumière de grandes figures de la danse telles que Madhavi Mudgal, Padmini Chettur, Priyadarsini Govind, mais aussi des artistes comme Patrick Dupond. Parmi ses nombreuses interviews, deux se distinguent particulièrement, avec Marisa Berenson et Olivier Py.
En 2006, il est coordinateur sur France 2 pour « L’Été des festivals », où il réalise une soixantaine de sujets. Il collabore ensuite à plusieurs émissions religieuses comme " Tout à la foi ", puis participe à la série de portraits « Dans la lumière », diffusée à l’été 2009 sur France 2, dont il assure le casting et la coordination auprès d’Agnès Vahramian.
Son intérêt pour les liens entre la France et Bollywood l’amène à présenter en prime time sur France Ô le film « Devdas », accompagné d’un entretien avec le réalisateur Sanjay Leela Bhansali au Châtelet. Avec Catherine Barry, il collabore également sur des sujets consacrés à l’Inde des outre-mer pour RFO/France Ô.
En 2011, il devient rédacteur de l’émission interreligieuse « Tombé du ciel » avec Agnès Vahramian , diffusée sur la Chaîne parlementaire. Parallèlement, il travaille pour « Envoyé Spécial » sur France 2 comme recherchiste et participe à la programmation de documentaires étrangers pendant plusieurs saisons.
En 2014, il assure les relations presse d’un rendez-vous international organisé au Sénat autour de l'inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en France, consacré aux savoir-faire du parfum en Pays de Grasse. Dans un territoire où se croisent la culture des plantes à parfum, la transformation des matières premières et l’art de la composition, l’événement met en lumière toute une chaîne de métiers, du champ au flacon.
À cette occasion, il réalise l’interview de deux grands « nez », parfumeurs de renommée internationale : Thierry Wasser (Guerlain) et Christopher Sheldrake (Chanel), donnant la parole à ceux qui transforment la matière en signature olfactive. Ce travail s’inscrit dans une histoire longue : en Pays de Grasse, ces savoir-faire se transmettent et se structurent depuis au moins le XVIᵉ siècle, avant d’être reconnus en 2018 par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
En 2015, à l’occasion du 10e Anniversaire des prix Henri Langlois et rencontres internationales du cinéma de patrimoine, organisés notamment par Flora Boumia (LES 2RR), il représente les médias indiens en France au sein du jury. La même année, il rejoint l’équipe de « L'Angle Eco » sur France 2 comme coordinateur du magazine, participant à la diffusion de six numéros. En septembre 2016, il devient coordinateur éditorial du magazine politique « Dimanche en Politique » sur France 3, fonction qu’il occupe pendant quatre saisons.
Depuis février 2020, Laurent Adicéam-Dixit est journaliste et chef d’édition pour l’émission « Le Jour du Seigneur » sur France 2 au sein du CFRT.TV. Il participe également à la rédaction de définitions liturgiques pour le site. Plus récemment, il collabore à l’émission « Dieu m’est témoin », diffusée sur le portail des Outre-mer et consacrée à l’interreligieux, incluant notamment l’hindouisme.
Depuis 2024, il est journaliste et chef d’édition pour l’émission « Tous Frères », diffusée sur les premières chaînes d’Outre-mer et à l’international. Fort de son expérience sur les religions monothéistes et l’hindouisme, il y développe une ligne éditoriale tournée vers le dialogue et la compréhension. Dans ce cadre, il pilote et enquête sur six numéros spéciaux « Hors les murs », conçus pour aller à la rencontre de lieux et de personnalités spirituelles.
Parmi ces éditions, celle tournée en 2025 sur l’Esplanade des Religions et des Cultures à Bussy-Saint-Georges a particulièrement marqué les esprits par son approche du dialogue interconfessionnel, avec notamment la participation de la cheffe Béatrice Fabignon et de la Designer Hair Couture : Murielle Kabile et une émission consacrée à la Prière dans l’islam.
Pour la saison 2026-2027, ces rencontres se poursuivront au Palais de la Femme, à l’occasion du centenaire célébré aux côtés de son directeur, Christophe Piedra. De nouveaux invités, dont Françoise Sémiramoth, viendront nourrir ce cycle placé sous le signe de l’ouverture spirituelle et de la curiosité. Parmi les thèmes abordés figurent des traditions peu connues du grand public, comme le Fa’a’amu en Polynésie française : une pratique de confiage et d’« adoption ouverte » qui s’inscrit dans une logique de solidarité familiale et maintient, en principe, le lien avec la famille d’origine, le terme signifiant littéralement « nourrir ». Dans le même esprit d’ouverture spirituelle et de curiosité, ce cycle se prolongera ensuite, à l’automne 2026, avec une émission consacrée à la cinéaste internationale Euzhan Palcy, césarisée et oscarisée, connue notamment pour son œuvre majeure Rue Cases-Nègres. Au Studio28, à Montmartre, elle livrera une parole forte, sincère et poignante autour de la thématique : La Voix des femmes.
Un chemin d’étude et de quête spirituelle
Ce long cheminement intérieur trouve ses racines dans les voyages fondateurs de sa jeunesse, période où il entreprend ses tout premiers périples en solitaire, ouvrant grand le regard sur les mystères du monde. Le continent américain occupe ainsi une place à part dans sa géographie intime. Son périple débute en Équateur, où la ligne équatoriale lui offre l'émotion singulière de se tenir au centre du monde. De là, il s'enfonce dans l'immensité verte de l'Amazonie pour rejoindre le Pérou, terre de mystères et de vertiges. Vue du ciel, à bord d'un petit avion, l'énigme géométrique des lignes de Nazca s'offre à lui comme une prière silencieuse gravée dans le désert, tournant le regard de la terre vers le cosmos. S'il a tenu à accomplir ce survol, c'est aussi par profonde admiration pour Maria Reiche, cette archéologue et mathématicienne allemande qui a fait de ces pampas sa vocation, vouant sa vie entière à la sauvegarde et à l'étude de ces géoglyphes. Son chemin le mène ensuite sur les eaux mythiques du lac Titicaca, berceau des tout premiers peuples andins. En y séjournant et en dormant sur l'une de ses îles, coupé du monde, il fait l'expérience d'un silence absolu où, sous la pureté d'un ciel d'altitude d'une rare intensité, la Voie lactée semble s'offrir tout entière, donnant l'impression de toucher le divin du bout des doigts. Son chemin s'élève ensuite vers Cusco, l'ancien nombril de l'Empire inca, d'où il prend le train pour l'ascension mythique vers le Machu Picchu, sanctuaire de pierre suspendu entre les nuages. L'itinéraire se poursuit en Bolivie, où l'histoire se fait plus âpre dans les entrailles des mines d'argent de Potosí, rappelant le lourd coût humain des empires, avant que le regard ne se dissolve dans l'horizon aveuglant et infini du Salar de Uyuni. Sur ces terres andines, Laurent étudie de près la manière dont le christianisme s'est implanté, observant l'évangélisation coloniale et la naissance d'un syncrétisme fascinant, où la ferveur catholique a épousé et transformé les croyances ancestrales des peuples du soleil.
De retour en France, cette quête intérieure le conduit dans le sud du pays, au cœur d’un écrin où la nature et le sacré se confondent. Il vit une retraite spirituelle à l’abbaye de Lérins, sur l’île Saint-Honorat, au large de Cannes, auprès des moines cisterciens dont la vie est rythmée par la prière, le silence, le travail et l’accueil. Dans ce lieu insulaire baigné de lumière méditerranéenne et marqué par seize siècles de présence monastique, Laurent éprouve une forme de dépouillement. Là, la mer, la pierre, le chant des offices et la solitude ouvrent un espace de recueillement profond, ancrant sa foi dans la géographie brute de la Riviera.
Son itinéraire le mène ensuite en Pologne, mû par une véritable fascination pour Cracovie. Dans cette ville de culture et de mémoire, l’histoire européenne se donne à lire dans l’élégance de ses places et de son ancien quartier juif, Kazimierz, dont les ruelles chargées d’âme ont notamment servi de décor au bouleversant film La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Non loin de là, il s'émerveille également devant les prodigieuses cathédrales et galeries souterraines sculptées dans le sel de la célèbre mine de Wieliczka, un autre joyau insolite de la région. Mais Cracovie est avant tout pour lui la cité de figures spirituelles tutélaires. Il y marche dans les pas de Karol Wojtyła, le futur pape Jean-Paul II, qui y étudia et dont l’empreinte rayonne encore à travers le vaste Centre Jean-Paul II baptisé "N'ayez pas peur", un imposant sanctuaire qu’il prend le temps de visiter. Sa ferveur le porte également sur les traces de sainte Faustine Kowalska, cette humble religieuse ayant eu la révélation de la Miséricorde divine. Au sanctuaire de Łagiewniki, il se recueille devant la célèbre toile du peintre Adolf Hyła. Il s’agit de la version la plus diffusée et vénérée au monde représentant le Christ debout d’où jaillissent deux rayons lumineux, rouge et pâle, réalisée pour accomplir la vision de la religieuse. Face à cette image fondatrice, il éprouve le mystère d’une grâce infinie.
Mais ce cheminement polonais porte aussi les traces laissées par les blessures indélébiles du XXe siècle. Le moment le plus saisissant de ce voyage demeure sa visite d’Auschwitz Birkenau, lieu d’extermination devenu lieu de mémoire, où le silence ne relève plus seulement de la contemplation mais de l’effroi, de la dignité et du devoir de transmission. Face aux baraquements, aux rails et à l’immensité du site, l’expérience spirituelle prend une autre forme, celle d’une confrontation avec l’abîme, mais aussi avec l’obligation absolue de ne jamais laisser l’histoire se dissoudre dans l’oubli. De la lumière monastique de Lérins à la densité spirituelle et mémorielle de Cracovie, Laurent poursuit ainsi un chemin où la foi, l’histoire et la conscience humaine se répondent dans une même exigence intérieure.
L'Italie, et plus particulièrement Rome, qui demeure l'une de ses villes de prédilection, constitue une autre étape majeure de sa géographie spirituelle. Dans la Ville Éternelle, l'épaisseur de l'histoire, la ferveur et l'art sacré se côtoient à chaque pas. Laurent y arpente avec la même émotion les vestiges de la cité antique, du Colisée au Forum romain, que les inestimables trésors des musées du Vatican. C'est là, en levant les yeux vers la voûte de la chapelle Sixtine, qu'il contemple l'œuvre magistrale de Michel-Ange. Un peu plus loin, au cœur de la capitale, dans l'église Saint-Louis-des-Français, il se laisse inlassablement captiver par la puissance du Caravage. Devant le cycle de saint Matthieu, il retrouve cette théologie peinte où le clair-obscur fait jaillir la lumière divine des ténèbres de la condition humaine.
Récemment, il y a accompli une démarche intime en effectuant son jubilé. Ce pèlerinage l'a conduit au cœur des grandes basiliques romaines, lui offrant le privilège de franchir les portes saintes, une expérience d'autant plus forte que leur ouverture demeure un événement rare et solennel. Il s'est recueilli devant les reliques de Saint-Paul-hors-les-Murs, a rejoint l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran et la Scala Santa, puis s'est rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour prier devant la tombe du pape François. Ce séjour romain a également été couronné par un moment d'une rare intensité, puisqu'au cours d'une audience plénière, il a eu la joie de voir et de rencontrer le Pape Léon XIV, vivant ainsi un instant de profonde communion spirituelle et de véritable fraternité.
Son itinéraire s'est ensuite poursuivi sur la mythique Via Appia Antica, jusqu'à la petite église du Domine Quo Vadis. L'histoire et la tradition racontent que c'est en ce lieu précis que l'apôtre Pierre, fuyant les persécutions de Rome, aurait croisé le Christ. À la question de Pierre demandant « Domine, quo vadis ? » (Seigneur, où vas-tu ?), Jésus aurait répondu qu'il retournait à Rome pour y être crucifié de nouveau. Bouleversé par cette révélation, Pierre fit demi-tour pour accomplir sa mission apostolique et affronter son martyre.
Enfin, l'exploration de cette ferveur italienne s'est prolongée au-delà de la capitale lors d'un de ses innombrables autres voyages dans la péninsule. Dans la région des Marches, Laurent s'est rendu au sanctuaire de Lorette pour y contempler la Sainte Maison de la Vierge. La tradition affirme qu'elle fut miraculeusement transportée par les anges depuis Nazareth pour échapper aux destructions, un mystère fascinant connu sous le nom de translation angélique. Ce lieu occupe d'ailleurs une place particulièrement intime dans son parcours, car il y a noué de profondes et infinies amitiés spirituelles avec la communauté des frères capucins.
Bien avant ses voyages au pays du Soleil-Levant, l'Asie du Sud-Est lui offre une première confrontation marquante avec l'altérité. À Bangkok, Laurent plonge dans une mégalopole aux contrastes vertigineux. Il s'imprègne d'abord de la majesté du Palais royal et de l'atmosphère recueillie des grands sanctuaires bouddhistes. Son exploration le mène ensuite hors de la capitale, au cœur des rizières, jusqu'au pittoresque marché sur les rails de Maeklong et sur les canaux historiques du marché flottant de Damnoen Saduak, véritable témoignage du commerce traditionnel thaïlandais. De retour dans la capitale, son regard d'observateur se pose sur une tout autre réalité, celle du quartier de Patpong. Face à cette célèbre industrie de la nuit, moteur économique indéniable et pilier du tourisme de l'époque, il prend la mesure du grand paradoxe de la ville : un lieu où la plus haute ferveur spirituelle cohabite avec la marchandisation frénétique. Sans porter de jugement sur cette facette inhérente à la réalité du pays, il constate toutefois que cette atmosphère résonne peu avec sa propre quête. Désireux de poursuivre son cheminement dans une dynamique différente, il décide de s'envoler vers une destination qui nourrit alors fortement son imaginaire : Singapour.
Dans cette cité-État ultramoderne, véritable carrefour de l'Asie, il trouve un équilibre singulier. L'expérience prend de la hauteur lorsqu'il emprunte le téléphérique en direction de l'île de Sentosa, s'imprégnant de la mythologie locale face à l'immense statue du Merlion, ce lion protecteur emblématique de la ville. Au-delà des prouesses architecturales et de la visite des célèbres tailleries de pierres précieuses, il découvre une île abritant une fascinante mosaïque culturelle. Ce qui le marque profondément, c'est la vitalité et l'exemplarité de la présence interreligieuse de l'époque. Dans les ruelles de Kampong Glam, le quartier historique musulman, il est frappé par la majesté des mosquées à l'image de la célèbre mosquée du Sultan et de ses dômes dorés où palpite l'islam asiatique. À quelques pas de là, cette ferveur dialogue paisiblement avec d'autres croyances. Au cœur de Little India, l'effervescence des temples hindous, dont les hauts gopurams foisonnent de divinités colorées, lui offre un écho familier et rassurant de ses propres racines indiennes. Cette coexistence harmonieuse, où sanctuaires musulmans, temples et églises se côtoient dans un respect mutuel absolu, s'impose à lui comme un modèle d'apaisement. Riche de la rigueur et de la pluralité de l'île, il ne repasse finalement par Bangkok que pour y prendre son vol de retour vers la France, conscient que l'itinéraire d'un voyageur se façonne aussi au gré de ses choix et de ses affinités profondes.
Laurent est également invité à Siem Reap, au Cambodge, par l’AIBD, l’Institut Asie-Pacifique pour le développement de la radiodiffusion, à l’occasion de son 25e anniversaire, pour une convention réunissant des médias nationaux et internationaux autour des arts et des enjeux du métier de journaliste. À cette occasion, il bénéficie d’une visite approfondie des sites archéologiques d’Angkor Vat et des temples environnants, accompagné d’un guide. Dans ces sanctuaires khmers, où l’hindouisme et le bouddhisme ont laissé des traces entremêlées, il découvre une autre manière de penser le lien entre pouvoir, sacré, architecture et cosmos. Les bas-reliefs, les tours, les galeries et les visages de pierre inscrivent dans le paysage une vision du monde où le temple devient montagne symbolique, centre spirituel et mémoire d’une civilisation. Il a également le privilège d’assister à des spectacles de danses traditionnelles khmères, notamment celles des Apsaras, dont la grâce prolonge, par le geste et le rythme, l’univers sculpté des temples. Ce séjour au Cambodge enrichit ainsi son regard de journaliste et de chercheur, en l’ouvrant à une Asie spirituelle où l’art, le rite et la mémoire historique demeurent profondément imbriqués.
Cette exploration des marges de l'histoire et de la foi trouve un écho singulier dans une enquête menée peu avant le 21 décembre 2012. À l'approche de cette date fatidique, annoncée par certaines interprétations du calendrier maya comme la fin du monde, Laurent entreprend un périple immersif dans les terres ésotériques de l'Aude. Son itinéraire le mène d'abord à Rennes-le-Château, sur les traces de Bérenger Saunière. À la fin du XIXe siècle, cet obscur curé de campagne entreprit de fastueux travaux pour restaurer son église et bâtir son domaine, des chantiers colossaux prétendument financés par la découverte d'un immense et mystérieux trésor caché. Entre mythes fondateurs et reliques sacrées, la quête de ce magot insaisissable continue de fasciner les chercheurs et d'imprégner les paysages jusqu'au village voisin de Rennes-les-Bains. Ce circuit initiatique s'achève au pied du pic de Bugarach. En cette fin d'année 2012, cette montagne imposante était devenue le centre de toutes les spéculations spirituelles et ésotériques, réputée abriter des forces telluriques et considérée comme l'unique sanctuaire au monde destiné à être épargné par l'apocalypse. En réalisant cette exploration délibérément en amont de l'effervescence médiatique, Laurent parvient à capter l'atmosphère brute de ces lieux magnétiques, là où la ferveur humaine et la légende finissent par sculpter la réalité.
Pourtant, cet itinéraire ne se limite pas aux seules étapes ici retracées. Il s’est aussi prolongé en Israël, sur les traces des grandes figures bibliques et évangéliques, notamment Marie-Madeleine, dont la mémoire spirituelle l’a conduit jusqu’à la Sainte-Baume. C’est également sur cette terre, dans ce même élan de recherche et d'intériorité, que Laurent a séjourné à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Auprès des frères dominicains, il y a étudié la théologie, ancrant sa réflexion intellectuelle au plus près des textes fondateurs et de la matérialité des lieux saints.
Dans le prolongement de son exploration des berceaux spirituels et des grandes croyances, ses pas l'ont conduit au-delà d'Israël, jusqu'en terre jordanienne. Depuis Amman, point d'ancrage de ce périple dont il a pu arpenter les riches musées, il s'est engagé sur les traces des origines du christianisme. Ce cheminement, à la fois historique et intime, a été marqué par un moment de grâce absolue : une messe profondément bouleversante vécue sur le mont Nébo, ce sommet symbolique d'où Moïse contempla la Terre promise sans jamais pouvoir y pénétrer.
Cette quête de sens l'a naturellement mené sur les rives du Jourdain, au site archéologique d'Al-Maghtas (Béthanie au-delà du Jourdain), témoin fondateur des tout premiers baptêmes. L'itinéraire s'est poursuivi le long des rivages mythiques de la mer Morte, dévoilant d'autres pages vibrantes des récits bibliques. Il a ainsi fait l'ascension de l'ancienne forteresse de Machaerus (Mukawir), ce sommet vertigineux où la tradition situe la danse funeste de Salomé pour le roi Hérode Antipas. Non loin de là, dans ces paysages arides et saisissants, le regard croise d'autres vestiges de la mémoire scripturaire, telle cette singulière formation rocheuse que la légende assimile à la statue de sel de la femme de Loth, pétrifiée pour s'être retournée sur le châtiment de Sodome et Gomorrhe. Après avoir admiré à Madaba la plus ancienne et la plus vaste mosaïque cartographique de la Terre sainte, son voyage s'est étendu à travers les majestueuses colonnades romaines de Gérash. La route l'a ensuite mené vers la Source de Moïse (Aïn Moussa), ce lieu hautement symbolique où le prophète aurait frappé la roche de son bâton pour en faire jaillir l'eau, avant de plonger enfin dans les défilés minéraux grandioses de la Petite et de la Grande Pétra. Là, la magie culmine face à la splendeur millénaire du Khazneh (le majestueux « Trésor » nabatéen), un chef-d'œuvre monumental taillé à même la roche rose.
Le périple s'est achevé dans le silence absolu du Wadi Rum, un désert aux mémoires indélébiles que traverse encore l'ombre mythique de Lawrence d'Arabie. De cette immersion au cœur du Moyen-Orient, un attachement viscéral et poétique à ces contrées est né. C'est au gré de ce voyage que Laurent a trouvé l'extase dans les parfums d'Orient, et tout particulièrement dans le oud. Véritable écho à sa propre sensibilité, le sillage boisé de cette résine précieuse et mystique continue aujourd'hui d'envelopper son imaginaire et de nourrir intensément son inspiration.
D’autres chemins l’ont encore mené vers de hauts lieux de pèlerinage et de dévotion, comme Fatima, au Portugal, à la rencontre de l’héritage spirituel laissé par les trois petits bergers des apparitions mariales de 1917. Cet inlassable itinéraire l’a également conduit dans des monastères, des sanctuaires, des temples et des lieux de mémoire disséminés à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et le bassin méditerranéen, dont plusieurs ne figurent pas dans ce récit.
Car aucun itinéraire spirituel ne saurait se réduire à une simple liste de destinations. Derrière les lieux visités se dessinent des rencontres, des silences, des découvertes et parfois des interrogations qui continuent d’accompagner le voyageur bien après son retour. D’autres terres, d’autres sanctuaires et d’autres traditions viendront encore enrichir ce cheminement.
Autant d’expériences qui nourrissent aujourd’hui son travail de journaliste spécialisé dans le fait religieux. Chez Laurent Adicéam-Dixit, l’enquête journalistique ne se sépare jamais tout à fait de la quête spirituelle : elle en devient l’un des chemins, entre regard, écoute et désir de relier les mondes. À travers ses contributions et ses publications, il s’attache à rendre accessibles les dimensions spirituelles, historiques et culturelles des religions, dans une démarche de transmission, de compréhension et de dialogue. C'est là sa manière d’explorer l’histoire des hommes, leurs croyances et leurs cultures, tout en demeurant attentif à cette quête universelle de sens qui traverse les siècles et les civilisations.
Note du carnet de voyage :
Évidemment, ce récit n’est qu’une esquisse et il y aurait encore tant à dévoiler. Si je n'ai fait qu'effleurer mes explorations en Arabie saoudite, qu'il s'agisse du vertige absolu de The Edge of the World, ce site naturel spectaculaire que les traditions locales enveloppent de mystères en le peuplant de récits de djinns et de forces invisibles, ou de la fulgurance de la célèbre tour de Riyad et des ruines vénérables de Diriyah dans la vallée du Wadi Hanifa, berceau historique et religieux de la région, sans oublier la découverte des grands musées de la capitale pour y suivre l'histoire fascinante de Médine, la naissance du Prophète et la fondation de l'islam, ouvrant la promesse d'un prochain chapitre entièrement consacré à La Mecque et à la Kaaba ; si je n'ai ainsi effleuré ces contrées saoudiennes, tout comme mes fréquents retours aux sources en Inde, terre de toutes les spiritualités où la cohabitation millénaire et parfois douloureuse des hindous, des musulmans, des sikhs et des chrétiens dessine la plus complexe des géographies de l'âme, c'est que ces mondes exigent bien plus que quelques lignes. Ils sont d'un tel foisonnement culturel, historique et d'une telle densité spirituelle qu'il me faudrait un récit entier pour restituer la profondeur de ces immersions. Il en va de même pour les Outre-mer, qui appelleront un jour leur propre chapitre. Des immensités de l'océan Pacifique, baignant la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, jusqu'aux terres de Cayenne, aux rivages de la mer des Caraïbes et des Antilles, l'ensemble du bassin ultramarin m'a offert une autre forme de communion au monde, au rythme de l'eau et du souffle des alizés. J'espère trouver un jour le temps de mettre en mots ces traversées océaniques, si riches en enseignements pour l'âme... même si, je le confesse avec une tendresse toute particulière, face à son énergie volcanique baignée par les eaux de l'océan Indien et à son merveilleux syncrétisme, La Réunion gardera toujours cette place unique : celle de mon île préférée.
L.A.D


