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BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Laurent ADICEAM DIXIT PEINTURE MALINGE

Laurent Adiceam

LAURENT-ADICEAM DIXIT 2015 - copie

Laurent Adicéam-Dixit : au carrefour des médias et des cultures du monde.

D’origine indienne et ancré dans sa culture natale, tout en étant profondément attaché à la France, Laurent Adicéam-Dixit revendique un intérêt marqué pour les cultures du monde. Voyageur régulier, il a séjourné sur plusieurs continents, nourrissant une curiosité constante pour les traditions, les arts et les expressions culturelles internationales.

Sa vie professionnelle s’inscrit très tôt dans l’univers des médias. Il devient l’un des plus jeunes auteurs membres de la SACD. Dès son adhésion, il coécrit avec Éric Assous : IMDB, avant d’enchaîner de nombreux projets pour les télévisions en France et en Europe. En mai 2004, sa pièce « Un héritage coûte que coûte » est jouée au Théâtre Firmin Gémier à Antony avec Patrice Drevet. En janvier 2006, il est finaliste, aux côtés de sa co-auteure Caroll Beaudroit, au FIPA du « Grand Prix du meilleur scénario de télévision » (France 2), pour un projet d’adaptation de « La recette du bonheur », tiré du livre biographique de Jean Mélisson.

Depuis 2000, il est attaché de presse pour la sortie de films indiens en France, tous genres confondus. Journaliste dans la presse écrite pour Pariscope, Première.fr et Les Nouvelles de l’Inde pour le compte de l'ambassade indienne, il développe une activité de critique de spectacles inspirés des traditions de son pays, mettant en lumière de grandes figures de la danse telles que Madhavi MudgalPadmini ChetturPriyadarsini Govind, mais aussi des artistes comme Patrick Dupond. Parmi ses nombreuses interviews, deux se distinguent particulièrement, avec Marisa Berenson et Olivier Py.

En 2006, il est coordinateur sur France 2 pour « L’Été des festivals », où il réalise une soixantaine de sujets. Il collabore ensuite à plusieurs émissions religieuses comme " Tout à la foi ", puis participe à la série de portraits « Dans la lumière », diffusée à l’été 2009 sur France 2, dont il assure le casting et la coordination auprès d’Agnès Vahramian.

Son intérêt pour les liens entre la France et Bollywood l’amène à présenter en prime time sur France Ô le film « Devdas », accompagné d’un entretien avec le réalisateur Sanjay Leela Bhansali au Châtelet. Avec Catherine Barry, il collabore également sur des sujets consacrés à l’Inde des outre-mer pour RFO/France Ô.

En 2011, il devient rédacteur de l’émission interreligieuse « Tombé du ciel » avec Agnès Vahramian , diffusée sur la Chaîne parlementaire. Parallèlement, il travaille pour « Envoyé Spécial » sur France 2 comme recherchiste et participe à la programmation de documentaires étrangers pendant plusieurs saisons.

En 2014, il assure les relations presse d’un rendez-vous international organisé au Sénat autour de l'inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en France, consacré aux savoir-faire du parfum en Pays de Grasse. Dans un territoire où se croisent la culture des plantes à parfum, la transformation des matières premières et l’art de la composition, l’événement met en lumière toute une chaîne de métiers, du champ au flacon.

À cette occasion, il réalise l’interview de deux grands « nez », parfumeurs de renommée internationale : Thierry Wasser (Guerlain) et Christopher Sheldrake (Chanel), donnant la parole à ceux qui transforment la matière en signature olfactive. Ce travail s’inscrit dans une histoire longue : en Pays de Grasse, ces savoir-faire se transmettent et se structurent depuis au moins le XVIᵉ siècle, avant d’être reconnus en 2018 par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Parallèlement, il poursuit un travail d’auteur. Après le succès de Contes aux parfums d'une Inde sacrée (Éditions Feuillage, 2013), il est invité à Noël 2014 sur RFI, dans l’émission « Invité culture », pour une interview menée par la journaliste Catherine Fruchon‑Toussaint, autour de la parution et de l’univers du recueil. Dans la continuité de cet écho médiatique, l’Ambassade de l’Inde à Paris lui consacre une soirée culturelle mêlant lecture et danse, organisée au sein même de l’institution diplomatique. Séduit par l’univers de l’auteur, l’ambassadeur Arun K. Singh s’inscrit dans cette dynamique et préface son ouvrage suivant, Contes et mystères d'une Inde éternelle (2015), nourri d’un profond retour aux sources en Inde. Les deux livres rencontrent un large public, se diffusent très largement et s’écoulent en de nombreux exemplaires en France comme à l’international, notamment en Inde. Ils donnent également lieu à plusieurs adaptations scéniques mêlant le conte et la danse, notamment au Centre Mandapa à Paris, saluées par la presse, dont Le Monde.
 

En 2015, à l’occasion du 10e Anniversaire des prix Henri Langlois et rencontres internationales du cinéma de patrimoine, organisés notamment par Flora Boumia (LES 2RR), il représente les médias indiens en France au sein du jury. La même année, il rejoint l’équipe de « L'Angle Eco » sur France 2 comme coordinateur du magazine, participant à la diffusion de six numéros. En septembre 2016, il devient coordinateur éditorial du magazine politique « Dimanche en Politique » sur France 3, fonction qu’il occupe pendant quatre saisons.

Depuis février 2020, Laurent Adicéam-Dixit est journaliste et chef d’édition pour l’émission « Le Jour du Seigneur » sur France 2 au sein du CFRT.TV. Il participe également à la rédaction de définitions liturgiques pour le site. Plus récemment, il collabore à l’émission « Dieu m’est témoin », diffusée sur le portail des Outre-mer et consacrée à l’interreligieux, incluant notamment l’hindouisme.

Depuis 2024, il est journaliste et chef d’édition pour l’émission « Tous Frères », diffusée sur les premières chaînes d’Outre-mer et à l’international. Fort de son expérience sur les religions monothéistes et l’hindouisme, il y développe une ligne éditoriale tournée vers le dialogue et la compréhension. Dans ce cadre, il pilote et enquête sur six numéros spéciaux « Hors les murs », conçus pour aller à la rencontre de lieux et de personnalités spirituelles.

Parmi ces éditions, celle tournée en 2025 sur l’Esplanade des Religions et des Cultures à Bussy-Saint-Georges a particulièrement marqué les esprits par son approche du dialogue interconfessionnel, avec notamment la participation de la cheffe Béatrice Fabignon et de la Designer Hair Couture : Murielle Kabile et une émission consacrée à la Prière dans l’islam.

Pour la saison 2026-2027, ces rencontres se poursuivront au Palais de la Femme, à l’occasion du centenaire célébré aux côtés de son directeur, Christophe Piedra. De nouveaux invités, dont Françoise Sémiramoth, viendront nourrir ce cycle placé sous le signe de l’ouverture spirituelle et de la curiosité. Parmi les thèmes abordés figurent des traditions peu connues du grand public, comme le Fa’a’amu en Polynésie française : une pratique de confiage et d’« adoption ouverte » qui s’inscrit dans une logique de solidarité familiale et maintient, en principe, le lien avec la famille d’origine, le terme signifiant littéralement « nourrir ». Dans le même esprit d’ouverture spirituelle et de curiosité, ce cycle se prolongera ensuite, à l’automne 2026, avec une émission consacrée à la cinéaste internationale Euzhan Palcy, césarisée et oscarisée, connue notamment pour son œuvre majeure Rue Cases-Nègres. Au Studio28, à Montmartre, elle livrera une parole forte, sincère et poignante autour de la thématique : La Voix des femmes.

Un chemin d’étude et de quête spirituelle

 

Ce long cheminement intérieur trouve ses racines dans les voyages fondateurs de sa jeunesse, période où il entreprend ses tout premiers périples en solitaire, ouvrant grand le regard sur les mystères du monde. Le continent américain occupe ainsi une place à part dans sa géographie intime. Son périple débute en Équateur, où la ligne équatoriale lui offre l'émotion singulière de se tenir au centre du monde. De là, il s'enfonce dans l'immensité verte de l'Amazonie pour rejoindre le Pérou, terre de mystères et de vertiges. Vue du ciel, à bord d'un petit avion, l'énigme géométrique des lignes de Nazca s'offre à lui comme une prière silencieuse gravée dans le désert, tournant le regard de la terre vers le cosmos. S'il a tenu à accomplir ce survol, c'est aussi par profonde admiration pour Maria Reiche, cette archéologue et mathématicienne allemande qui a fait de ces pampas sa vocation, vouant sa vie entière à la sauvegarde et à l'étude de ces géoglyphes. Son chemin le mène ensuite sur les eaux mythiques du lac Titicaca, berceau des tout premiers peuples andins. En y séjournant et en dormant sur l'une de ses îles, coupé du monde, il fait l'expérience d'un silence absolu où, sous la pureté d'un ciel d'altitude d'une rare intensité, la Voie lactée semble s'offrir tout entière, donnant l'impression de toucher le divin du bout des doigts. Son chemin s'élève ensuite vers Cusco, l'ancien nombril de l'Empire inca, d'où il prend le train pour l'ascension mythique vers le Machu Picchu, sanctuaire de pierre suspendu entre les nuages. L'itinéraire se poursuit en Bolivie, où l'histoire se fait plus âpre dans les entrailles des mines d'argent de Potosí, rappelant le lourd coût humain des empires, avant que le regard ne se dissolve dans l'horizon aveuglant et infini du Salar de Uyuni. Sur ces terres andines, Laurent étudie de près la manière dont le christianisme s'est implanté, observant l'évangélisation coloniale et la naissance d'un syncrétisme fascinant, où la ferveur catholique a épousé et transformé les croyances ancestrales des peuples du soleil.

 

Plus tard, cet attrait pour l'histoire des Amériques le conduit dans les Caraïbes et en Mésoamérique. À Cuba, dans les ruelles patinées de la Vieille Havane et sur les traces d'Ernest Hemingway, il découvre une île où le passé palpite à chaque carrefour. Sur le plan spirituel, il y observe l'empreinte de la Santería, cette résilience des cultes africains intimement mêlés aux figures des saints catholiques. Enfin, cette traversée continentale trouve l'un de ses sommets au Mexique. Nourrissant une profonde admiration pour l'héritage de la civilisation maya, il y explore les puissantes racines précolombiennes du pays et gravit les monumentales pyramides du Soleil et de la Lune à Teotihuacán. Son exploration de la métropole mexicaine l'emmène dans l'atmosphère bohème et colorée de Coyoacán, avant de glisser sur les canaux de Xochimilco. Là, au rythme des barques fleuries (trajineras) et d'une spiritualité populaire vibrante, il découvre l'étrange et troublante île des Poupées, où les croyances locales et la mémoire des défunts flirtent avec l'au-delà. Mais c'est au cœur de la capitale qu'il vit un moment d'une rare intensité spirituelle. Dans la basilique Notre-Dame de Guadalupe, il vient se recueillir devant la tilma, le manteau de l'Indien Juan Diego sur lequel s'est miraculeusement imprimée l'image de la Vierge. Face à cette relique fondatrice, figure protectrice et métissée vénérée par des millions de pèlerins, l'histoire de l'évangélisation des Amériques prend pour lui son visage le plus intime : celui d'une miséricorde qui transcende les conquêtes et unit les peuples.

 

Son exploration des Amériques et des Caraïbes se poursuit en République dominicaine, terre de contrastes profonds et de mémoire vive. À Saint-Domingue, première ville européenne du Nouveau Monde, la visite des musées et des vestiges coloniaux le confronte à la page sombre et inaugurale de l'histoire de l'esclavage, sur les traces de Christophe Colomb et du commerce négrier qui y façonna tragiquement les destins. De cette mémoire douloureuse, l'itinéraire s'ouvre ensuite à la majesté de la nature sauvage en rejoignant la péninsule de Samaná, où le spectacle des baleines à bosse offre un moment d'apaisement et de communion avec le vivant. Enfin, son périple le conduit jusqu'aux abords de la frontière haïtienne, aux portes d'une zone alors trop dangereuse pour être franchie, transformant cette fin de route en une méditation silencieuse sur les fractures géopolitiques, les frontières invisibles et la dignité des peuples qui se côtoient sans pouvoir toujours se tendre la main.

 

Laurent Adicéam-Dixit fait le choix de reprendre des études universitaires, tout en poursuivant son activité professionnelle dans les médias. Il s’inscrit en maîtrise de doctrine et pratique des religions monothéistes à l’Université Catholique de Paris (ICP), au sein de l’ISTR (Institut Supérieur de Théologie et des Religions). Un parcours académique qu’il mène avec constance et qui le conduit aujourd’hui à finaliser ce cycle d’études par un mémoire.

 

Animé par le désir d’approfondir les traditions religieuses, il se spécialise progressivement dans l’étude de l’islam et de ses arts. Cette orientation le mène à effectuer plusieurs séjours d’études à l’étranger, notamment au Maroc, à l’Institut Al-Mu’awafaka, ainsi qu’en Iran, à travers des universités itinérantes à Qom, Shiraz, Ispahan et Téhéran.

 

Au Maroc, Laurent approfondit son approche de l’islam comme tradition spirituelle, civilisation et culture vivante. À Fès, il se confronte à l’héritage d’Al Quaraouiyine, l’un des plus anciens foyers de savoir du monde musulman, tandis qu’à Rabat et Casablanca, il observe un Maroc contemporain où les institutions, les mosquées et les formes nouvelles de la vie urbaine prolongent une histoire religieuse ancienne. À Casablanca, la mosquée Hassan-II, dressée face à l’Atlantique, s’impose à lui comme l’un des grands symboles de l’islam marocain moderne, associant monumentalité, savoir-faire artisanal et horizon spirituel. À Chefchaouen, ville bleue suspendue entre montagne, mémoire andalouse et intériorité silencieuse, il retrouve une autre manière d’habiter le sacré. Plus au sud, autour de Ouarzazate et aux portes du désert, la traversée des paysages minéraux ouvre une expérience du dépouillement, de l’horizon et du silence. Le Maroc devient ainsi, dans son parcours, un lieu de passage essentiel entre étude, rencontre, contemplation et mémoire d’Al-Andalus.

 

Cette démarche intellectuelle se double d’un véritable itinéraire de terrain. Laurent sillonne plusieurs pays sur les pas de grandes figures spirituelles et mystiques. En Algérie, il s’inscrit dans l’héritage de saint Augustin, théologien majeur du Ve siècle, ainsi que de Charles de Foucauld. En Égypte, il emprunte le chemin attribué à la Sainte Famille, se rend au sanctuaire marial de Notre-Dame de Zeitoun, puis explore plusieurs hauts lieux de l’islam : l’université d’Al-Azhar et le Caire islamique, avec ses ruelles et ses sanctuaires historiques. Il y visite notamment la mosquée d’Al-Hussein, liée à l’imam Al-Hussein ibn Ali, petit-fils du prophète Muhammad, où une relique qui lui est attribuée est vénérée selon la tradition.

 

En Arabie saoudite, à deux reprises, il explore les sites les plus sacrés de la tradition musulmane. Enfin, en Inde, dans le Kerala, il suit les traces de saint Thomas, figure fondatrice du christianisme oriental.

 

Son cheminement asiatique se prolonge également de l'autre côté du détroit, au Sri Lanka, île aux contrastes vibrants qui, tout en partageant des racines spirituelles avec le sous-continent indien, dévoile une âme et une énergie singulières. À Colombo et dans le nord, sa rencontre avec la communauté tamoule et la ferveur des temples hindous se conjugue à la découverte du célèbre temple de la Dent du Bouddha à Kandy, où la dévotion bouddhique enveloppe la ville d'une paix intemporelle. Plus haut dans les brumes des collines verdoyantes, la visite des immenses plantations de thé offre le spectacle de ce poumon nourricier, cher aux Britanniques, tandis que les paysages côtiers et les saveurs épicées de l'île dessinent une terre de profonde contemplation. Des hauteurs rocheuses de Sigiriya et de ses fresques rupestres chargées d’histoire jusqu’à la beauté lumineuse de ses plages, ce voyage au cœur de l’île de Ceylan laisse l’empreinte d’une spiritualité intime et d’une nature souveraine.

 

De retour en France, cette quête intérieure le conduit dans le sud du pays, au cœur d’un écrin où la nature et le sacré se confondent. Il vit une retraite spirituelle à l’abbaye de Lérins, sur l’île Saint-Honorat, au large de Cannes, auprès des moines cisterciens dont la vie est rythmée par la prière, le silence, le travail et l’accueil. Dans ce lieu insulaire baigné de lumière méditerranéenne et marqué par seize siècles de présence monastique, Laurent éprouve une forme de dépouillement. Là, la mer, la pierre, le chant des offices et la solitude ouvrent un espace de recueillement profond, ancrant sa foi dans la géographie brute de la Riviera.

 

Son itinéraire le mène ensuite en Pologne, mû par une véritable fascination pour Cracovie. Dans cette ville de culture et de mémoire, l’histoire européenne se donne à lire dans l’élégance de ses places et de son ancien quartier juif, Kazimierz, dont les ruelles chargées d’âme ont notamment servi de décor au bouleversant film La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Non loin de là, il s'émerveille également devant les prodigieuses cathédrales et galeries souterraines sculptées dans le sel de la célèbre mine de Wieliczka, un autre joyau insolite de la région. Mais Cracovie est avant tout pour lui la cité de figures spirituelles tutélaires. Il y marche dans les pas de Karol Wojtyła, le futur pape Jean-Paul II, qui y étudia et dont l’empreinte rayonne encore à travers le vaste Centre Jean-Paul II baptisé "N'ayez pas peur", un imposant sanctuaire qu’il prend le temps de visiter. Sa ferveur le porte également sur les traces de sainte Faustine Kowalska, cette humble religieuse ayant eu la révélation de la Miséricorde divine. Au sanctuaire de Łagiewniki, il se recueille devant la célèbre toile du peintre Adolf Hyła. Il s’agit de la version la plus diffusée et vénérée au monde représentant le Christ debout d’où jaillissent deux rayons lumineux, rouge et pâle, réalisée pour accomplir la vision de la religieuse. Face à cette image fondatrice, il éprouve le mystère d’une grâce infinie.

Mais ce cheminement polonais porte aussi les traces laissées par les blessures indélébiles du XXe siècle. Le moment le plus saisissant de ce voyage demeure sa visite d’Auschwitz Birkenau, lieu d’extermination devenu lieu de mémoire, où le silence ne relève plus seulement de la contemplation mais de l’effroi, de la dignité et du devoir de transmission. Face aux baraquements, aux rails et à l’immensité du site, l’expérience spirituelle prend une autre forme, celle d’une confrontation avec l’abîme, mais aussi avec l’obligation absolue de ne jamais laisser l’histoire se dissoudre dans l’oubli. De la lumière monastique de Lérins à la densité spirituelle et mémorielle de Cracovie, Laurent poursuit ainsi un chemin où la foi, l’histoire et la conscience humaine se répondent dans une même exigence intérieure.

 

En 2025, Laurent se rend en Belgique, à Gand, pour enquêter sur l’un des sommets absolus de l’art sacré occidental : L’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck. Dans la cathédrale Saint-Bavon, il découvre ce polyptyque achevé en 1432, œuvre matricielle des primitifs flamands, commencée par Hubert et portée à son accomplissement par Jan, dont la maîtrise de la peinture à l’huile bouleverse durablement l’histoire de l’image. Ici, la précision du regard, le sens du détail et la lumière ouvrent une ère nouvelle, où le visible devient le lieu même d’une révélation.

 

Face à ce retable monumental, Laurent entre dans une théologie peinte. L’Agneau, au centre, figure du Christ sacrifié et glorifié, attire vers lui une multitude de figures venues de tous les horizons, dans une scène où le sacré se donne à voir sans rupture avec le monde. L’œuvre déploie ainsi une vision universelle, presque cosmique, où l’histoire humaine, la foi et le mystère s’entrelacent dans une composition d’une densité exceptionnelle. Mais ce chef-d’œuvre porte aussi les traces de l’histoire des hommes : déplacé, convoité, dépecé, volé à plusieurs reprises au fil des siècles, notamment au XXe siècle, il demeure marqué par ces fractures du temps, dont témoigne encore aujourd’hui l’absence du panneau des Juges intègres.

 

Dans le silence maîtrisé de la cathédrale Saint-Bavon, Laurent vit une expérience rare. Pendant une dizaine de minutes, presque seul face à l’œuvre, quelque chose bascule : la contemplation devient présence. La lumière semble ne plus seulement éclairer la scène, mais émaner d’elle, comme si le mystère qu’elle représente cherchait à affleurer dans le regard même de celui qui la contemple. Les figures, d’une précision presque troublante, paraissent suspendues entre le monde sensible et une réalité plus profonde, invisible et pourtant saisissable. Le regard s’enfonce, se perd, puis se recueille. Dans cet instant à part, l’enquête s’efface devant une forme d’évidence silencieuse : celle d’un art qui ne se contente pas de représenter le sacré, mais qui en devient le seuil. À Gand, ville d’histoire et de mémoire, cette rencontre s’impose ainsi comme une expérience intérieure, où l’image ouvre à une dimension de présence et d’infini.

 

À Malte, son itinéraire prend la forme d’un dialogue entre art, foi et énigme archéologique. À La Valette, Laurent se rend à la co-cathédrale Saint-Jean, haut lieu de l’héritage des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean, pour y contempler les œuvres du Caravage, notamment La Décollation de saint Jean-Baptiste, peinte en 1608 et conservée dans l’oratoire de l’édifice. Dans cette rencontre avec la lumière dramatique du maître italien, la peinture devient une méditation sur le martyre, la violence de l’histoire et la puissance spirituelle de l’image. Mais Malte l’attire aussi par ses profondeurs plus anciennes : ses temples mégalithiques, inscrits dans la mémoire préhistorique de la Méditerranée, et surtout ses mystérieuses ornières creusées dans la pierre, ces traces parallèles dont l’origine et la fonction continuent d’interroger les archéologues. Entre splendeur baroque, héritage johannite et énigmes minérales, l’île s’impose ainsi comme un carrefour singulier où le sacré chrétien, la mémoire antique et le mystère des premiers âges se répondent.
 

L'Italie, et plus particulièrement Rome, qui demeure l'une de ses villes de prédilection, constitue une autre étape majeure de sa géographie spirituelle. Dans la Ville Éternelle, l'épaisseur de l'histoire, la ferveur et l'art sacré se côtoient à chaque pas. Laurent y arpente avec la même émotion les vestiges de la cité antique, du Colisée au Forum romain, que les inestimables trésors des musées du Vatican. C'est là, en levant les yeux vers la voûte de la chapelle Sixtine, qu'il contemple l'œuvre magistrale de Michel-Ange. Un peu plus loin, au cœur de la capitale, dans l'église Saint-Louis-des-Français, il se laisse inlassablement captiver par la puissance du Caravage. Devant le cycle de saint Matthieu, il retrouve cette théologie peinte où le clair-obscur fait jaillir la lumière divine des ténèbres de la condition humaine.

Récemment, il y a accompli une démarche intime en effectuant son jubilé. Ce pèlerinage l'a conduit au cœur des grandes basiliques romaines, lui offrant le privilège de franchir les portes saintes, une expérience d'autant plus forte que leur ouverture demeure un événement rare et solennel. Il s'est recueilli devant les reliques de Saint-Paul-hors-les-Murs, a rejoint l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran et la Scala Santa, puis s'est rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour prier devant la tombe du pape François. Ce séjour romain a également été couronné par un moment d'une rare intensité, puisqu'au cours d'une audience plénière, il a eu la joie de voir et de rencontrer le Pape Léon XIV, vivant ainsi un instant de profonde communion spirituelle et de véritable fraternité.

Son itinéraire s'est ensuite poursuivi sur la mythique Via Appia Antica, jusqu'à la petite église du Domine Quo Vadis. L'histoire et la tradition racontent que c'est en ce lieu précis que l'apôtre Pierre, fuyant les persécutions de Rome, aurait croisé le Christ. À la question de Pierre demandant « Domine, quo vadis ? » (Seigneur, où vas-tu ?), Jésus aurait répondu qu'il retournait à Rome pour y être crucifié de nouveau. Bouleversé par cette révélation, Pierre fit demi-tour pour accomplir sa mission apostolique et affronter son martyre.

Enfin, l'exploration de cette ferveur italienne s'est prolongée au-delà de la capitale lors d'un de ses innombrables autres voyages dans la péninsule. Dans la région des Marches, Laurent s'est rendu au sanctuaire de Lorette pour y contempler la Sainte Maison de la Vierge. La tradition affirme qu'elle fut miraculeusement transportée par les anges depuis Nazareth pour échapper aux destructions, un mystère fascinant connu sous le nom de translation angélique. Ce lieu occupe d'ailleurs une place particulièrement intime dans son parcours, car il y a noué de profondes et infinies amitiés spirituelles avec la communauté des frères capucins.

 

Son parcours le ramène régulièrement en Angleterre, pays qu’il fréquente depuis de nombreuses années et où il a effectué une partie de ses études. Animé par une passion pour l’histoire britannique, notamment la Renaissance et le règne d’Henri VIII, ces séjours dessinent un itinéraire à la fois culturel et spirituel. Il fait étape à Southampton, puis suit, au fil de plusieurs lieux, les traces du souverain dont la rupture avec Rome a durablement reconfiguré le paysage religieux du royaume. C’est dans cette même perspective qu’il se rend à Walsingham, haut lieu marial dont le destin, étroitement lié aux bouleversements de la Réforme et aux choix politiques d’Henri VIII, éclaire l’histoire contrastée des religions. Son intérêt pour les traditions spirituelles le conduit aussi à découvrir l’hindouisme en Grande-Bretagne, notamment à Londres, au temple de Neasden, chef-d’œuvre architectural et vitrine des traditions indiennes. Il se rend également à Southall, quartier emblématique de la diaspora indienne, où la densité de temples hindous et sikhs témoigne d’un ancrage culturel et religieux toujours vivant.

 

Il poursuit ensuite en Espagne, à Valence, autour de la tradition du Saint-Calice, puis à Cordoue, ville de strates et de mémoires. Il y visite la Mosquée-cathédrale, ancienne grande mosquée omeyyade devenue cathédrale après la Reconquista, lieu où l’art islamique et la liturgie chrétienne cohabitent dans une tension presque visible. Sous la forêt de colonnes et dans le rythme des arcs rouges et blancs, Laurent mesure combien l’architecture peut devenir le témoin silencieux des ruptures, des continuités et des réappropriations du sacré. À quelques kilomètres de la ville, il découvre également Madinat al-Zahra, la « ville brillante », cité palatiale fondée au Xe siècle par le calife Abd al-Rahman III. Ses vestiges, inscrits dans le paysage andalou, prolongent cette méditation sur l’éclat d’Al-Andalus, la puissance des civilisations et leur fragilité face au temps.

 

Cette exploration des traditions chrétiennes se poursuit au Kosovo : à Pristina, sur les pas de Mère Teresa, puis à Dečani, au contact des communautés orthodoxes serbes. Là, certaines peintures murales médiévales célèbres pour leurs motifs célestes ont aussi nourri, à l’époque contemporaine, des lectures très librement spéculatives, allant jusqu’à évoquer, en filigrane, d’éventuels « visiteurs venus du ciel ». L’iconographie savante y voit toutefois d’abord un langage symbolique, avec notamment des personnifications du Soleil et de la Lune, typiques de l’art chrétien médiéval. Pour Laurent, ce détour par le Kosovo ouvre une nouvelle réflexion sur la manière dont les images religieuses traversent les siècles, changent de regard selon les époques et deviennent parfois le lieu d’interprétations où se croisent histoire de l’art, imaginaire collectif et quête de mystère.

 

Bien avant ses voyages au pays du Soleil-Levant, l'Asie du Sud-Est lui offre une première confrontation marquante avec l'altérité. À Bangkok, Laurent plonge dans une mégalopole aux contrastes vertigineux. Il s'imprègne d'abord de la majesté du Palais royal et de l'atmosphère recueillie des grands sanctuaires bouddhistes. Son exploration le mène ensuite hors de la capitale, au cœur des rizières, jusqu'au pittoresque marché sur les rails de Maeklong et sur les canaux historiques du marché flottant de Damnoen Saduak, véritable témoignage du commerce traditionnel thaïlandais. De retour dans la capitale, son regard d'observateur se pose sur une tout autre réalité, celle du quartier de Patpong. Face à cette célèbre industrie de la nuit, moteur économique indéniable et pilier du tourisme de l'époque, il prend la mesure du grand paradoxe de la ville : un lieu où la plus haute ferveur spirituelle cohabite avec la marchandisation frénétique. Sans porter de jugement sur cette facette inhérente à la réalité du pays, il constate toutefois que cette atmosphère résonne peu avec sa propre quête. Désireux de poursuivre son cheminement dans une dynamique différente, il décide de s'envoler vers une destination qui nourrit alors fortement son imaginaire : Singapour. 

Dans cette cité-État ultramoderne, véritable carrefour de l'Asie, il trouve un équilibre singulier. L'expérience prend de la hauteur lorsqu'il emprunte le téléphérique en direction de l'île de Sentosa, s'imprégnant de la mythologie locale face à l'immense statue du Merlion, ce lion protecteur emblématique de la ville. Au-delà des prouesses architecturales et de la visite des célèbres tailleries de pierres précieuses, il découvre une île abritant une fascinante mosaïque culturelle. Ce qui le marque profondément, c'est la vitalité et l'exemplarité de la présence interreligieuse de l'époque. Dans les ruelles de Kampong Glam, le quartier historique musulman, il est frappé par la majesté des mosquées à l'image de la célèbre mosquée du Sultan et de ses dômes dorés où palpite l'islam asiatique. À quelques pas de là, cette ferveur dialogue paisiblement avec d'autres croyances. Au cœur de Little India, l'effervescence des temples hindous, dont les hauts gopurams foisonnent de divinités colorées, lui offre un écho familier et rassurant de ses propres racines indiennes. Cette coexistence harmonieuse, où sanctuaires musulmans, temples et églises se côtoient dans un respect mutuel absolu, s'impose à lui comme un modèle d'apaisement. Riche de la rigueur et de la pluralité de l'île, il ne repasse finalement par Bangkok que pour y prendre son vol de retour vers la France, conscient que l'itinéraire d'un voyageur se façonne aussi au gré de ses choix et de ses affinités profondes.

 
L’Asie orientale constitue une autre étape majeure de sa géographie intérieure. À travers deux voyages au pays du Soleil-Levant, Laurent s'immerge dans l'esthétique et la spiritualité japonaises, sillonnant tout particulièrement la région du Kansai. À Tokyo, il approche la mémoire de la nation en visitant les abords du palais impérial, symbole d'une continuité traversant les âges. Mais c'est surtout à Kyoto, l'ancienne capitale, qu'il plonge aux racines de la tradition nippone, là où les sanctuaires de bois, les jardins zen et l'architecture sacrée reflètent une harmonie millénaire entre l'homme, la nature et le divin. Son exploration le mène également à Nara, le grand berceau historique du bouddhisme japonais. Profondément marqué par cette culture du détail, du rite et du silence, Laurent prolonge ces deux séjours par l'étude de la langue japonaise et s'initie à la calligraphie dans la capitale. Dans cet art du trait, le geste de l'écriture devient pour lui le prolongement naturel de son voyage, une véritable méditation et une voie de concentration.

 

Laurent est également invité à Siem Reap, au Cambodge, par l’AIBD, l’Institut Asie-Pacifique pour le développement de la radiodiffusion, à l’occasion de son 25e anniversaire, pour une convention réunissant des médias nationaux et internationaux autour des arts et des enjeux du métier de journaliste. À cette occasion, il bénéficie d’une visite approfondie des sites archéologiques d’Angkor Vat et des temples environnants, accompagné d’un guide. Dans ces sanctuaires khmers, où l’hindouisme et le bouddhisme ont laissé des traces entremêlées, il découvre une autre manière de penser le lien entre pouvoir, sacré, architecture et cosmos. Les bas-reliefs, les tours, les galeries et les visages de pierre inscrivent dans le paysage une vision du monde où le temple devient montagne symbolique, centre spirituel et mémoire d’une civilisation. Il a également le privilège d’assister à des spectacles de danses traditionnelles khmères, notamment celles des Apsaras, dont la grâce prolonge, par le geste et le rythme, l’univers sculpté des temples. Ce séjour au Cambodge enrichit ainsi son regard de journaliste et de chercheur, en l’ouvrant à une Asie spirituelle où l’art, le rite et la mémoire historique demeurent profondément imbriqués.

 

Cette exploration des marges de l'histoire et de la foi trouve un écho singulier dans une enquête menée peu avant le 21 décembre 2012. À l'approche de cette date fatidique, annoncée par certaines interprétations du calendrier maya comme la fin du monde, Laurent entreprend un périple immersif dans les terres ésotériques de l'Aude. Son itinéraire le mène d'abord à Rennes-le-Château, sur les traces de Bérenger Saunière. À la fin du XIXe siècle, cet obscur curé de campagne entreprit de fastueux travaux pour restaurer son église et bâtir son domaine, des chantiers colossaux prétendument financés par la découverte d'un immense et mystérieux trésor caché. Entre mythes fondateurs et reliques sacrées, la quête de ce magot insaisissable continue de fasciner les chercheurs et d'imprégner les paysages jusqu'au village voisin de Rennes-les-Bains. Ce circuit initiatique s'achève au pied du pic de Bugarach. En cette fin d'année 2012, cette montagne imposante était devenue le centre de toutes les spéculations spirituelles et ésotériques, réputée abriter des forces telluriques et considérée comme l'unique sanctuaire au monde destiné à être épargné par l'apocalypse. En réalisant cette exploration délibérément en amont de l'effervescence médiatique, Laurent parvient à capter l'atmosphère brute de ces lieux magnétiques, là où la ferveur humaine et la légende finissent par sculpter la réalité.

 

Pourtant, cet itinéraire ne se limite pas aux seules étapes ici retracées. Il s’est aussi prolongé en Israël, sur les traces des grandes figures bibliques et évangéliques, notamment Marie-Madeleine, dont la mémoire spirituelle l’a conduit jusqu’à la Sainte-Baume. C’est également sur cette terre, dans ce même élan de recherche et d'intériorité, que Laurent a séjourné à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Auprès des frères dominicains, il y a étudié la théologie, ancrant sa réflexion intellectuelle au plus près des textes fondateurs et de la matérialité des lieux saints.

 

Dans le prolongement de son exploration des berceaux spirituels et des grandes croyances, ses pas l'ont conduit au-delà d'Israël, jusqu'en terre jordanienne. Depuis Amman, point d'ancrage de ce périple dont il a pu arpenter les riches musées, il s'est engagé sur les traces des origines du christianisme. Ce cheminement, à la fois historique et intime, a été marqué par un moment de grâce absolue : une messe profondément bouleversante vécue sur le mont Nébo, ce sommet symbolique d'où Moïse contempla la Terre promise sans jamais pouvoir y pénétrer.

 

Cette quête de sens l'a naturellement mené sur les rives du Jourdain, au site archéologique d'Al-Maghtas (Béthanie au-delà du Jourdain), témoin fondateur des tout premiers baptêmes. L'itinéraire s'est poursuivi le long des rivages mythiques de la mer Morte, dévoilant d'autres pages vibrantes des récits bibliques. Il a ainsi fait l'ascension de l'ancienne forteresse de Machaerus (Mukawir), ce sommet vertigineux où la tradition situe la danse funeste de Salomé pour le roi Hérode Antipas. Non loin de là, dans ces paysages arides et saisissants, le regard croise d'autres vestiges de la mémoire scripturaire, telle cette singulière formation rocheuse que la légende assimile à la statue de sel de la femme de Loth, pétrifiée pour s'être retournée sur le châtiment de Sodome et Gomorrhe. Après avoir admiré à Madaba la plus ancienne et la plus vaste mosaïque cartographique de la Terre sainte, son voyage s'est étendu à travers les majestueuses colonnades romaines de Gérash. La route l'a ensuite mené vers la Source de Moïse (Aïn Moussa), ce lieu hautement symbolique où le prophète aurait frappé la roche de son bâton pour en faire jaillir l'eau, avant de plonger enfin dans les défilés minéraux grandioses de la Petite et de la Grande Pétra. Là, la magie culmine face à la splendeur millénaire du Khazneh (le majestueux « Trésor » nabatéen), un chef-d'œuvre monumental taillé à même la roche rose.

 

Le périple s'est achevé dans le silence absolu du Wadi Rum, un désert aux mémoires indélébiles que traverse encore l'ombre mythique de Lawrence d'Arabie. De cette immersion au cœur du Moyen-Orient, un attachement viscéral et poétique à ces contrées est né. C'est au gré de ce voyage que Laurent a trouvé l'extase dans les parfums d'Orient, et tout particulièrement dans le oud. Véritable écho à sa propre sensibilité, le sillage boisé de cette résine précieuse et mystique continue aujourd'hui d'envelopper son imaginaire et de nourrir intensément son inspiration.

 

D’autres chemins l’ont encore mené vers de hauts lieux de pèlerinage et de dévotion, comme Fatima, au Portugal, à la rencontre de l’héritage spirituel laissé par les trois petits bergers des apparitions mariales de 1917. Cet inlassable itinéraire l’a également conduit dans des monastères, des sanctuaires, des temples et des lieux de mémoire disséminés à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et le bassin méditerranéen, dont plusieurs ne figurent pas dans ce récit.

 

Car aucun itinéraire spirituel ne saurait se réduire à une simple liste de destinations. Derrière les lieux visités se dessinent des rencontres, des silences, des découvertes et parfois des interrogations qui continuent d’accompagner le voyageur bien après son retour. D’autres terres, d’autres sanctuaires et d’autres traditions viendront encore enrichir ce cheminement.

 

Autant d’expériences qui nourrissent aujourd’hui son travail de journaliste spécialisé dans le fait religieux. Chez Laurent Adicéam-Dixit, l’enquête journalistique ne se sépare jamais tout à fait de la quête spirituelle : elle en devient l’un des chemins, entre regard, écoute et désir de relier les mondes. À travers ses contributions et ses publications, il s’attache à rendre accessibles les dimensions spirituelles, historiques et culturelles des religions, dans une démarche de transmission, de compréhension et de dialogue. C'est là sa manière d’explorer l’histoire des hommes, leurs croyances et leurs cultures, tout en demeurant attentif à cette quête universelle de sens qui traverse les siècles et les civilisations.

 

Note du carnet de voyage :

 

Évidemment, ce récit n’est qu’une esquisse et il y aurait encore tant à dévoiler. Si je n'ai fait qu'effleurer mes explorations en Arabie saoudite, qu'il s'agisse du vertige absolu de The Edge of the World, ce site naturel spectaculaire que les traditions locales enveloppent de mystères en le peuplant de récits de djinns et de forces invisibles, ou de la fulgurance de la célèbre tour de Riyad et des ruines vénérables de Diriyah dans la vallée du Wadi Hanifa, berceau historique et religieux de la région, sans oublier la découverte des grands musées de la capitale pour y suivre l'histoire fascinante de Médine, la naissance du Prophète et la fondation de l'islam, ouvrant la promesse d'un prochain chapitre entièrement consacré à La Mecque et à la Kaaba ; si je n'ai ainsi effleuré ces contrées saoudiennes, tout comme mes fréquents retours aux sources en Inde, terre de toutes les spiritualités où la cohabitation millénaire et parfois douloureuse des hindous, des musulmans, des sikhs et des chrétiens dessine la plus complexe des géographies de l'âme, c'est que ces mondes exigent bien plus que quelques lignes. Ils sont d'un tel foisonnement culturel, historique et d'une telle densité spirituelle qu'il me faudrait un récit entier pour restituer la profondeur de ces immersions. Il en va de même pour les Outre-mer, qui appelleront un jour leur propre chapitre. Des immensités de l'océan Pacifique, baignant la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, jusqu'aux terres de Cayenne, aux rivages de la mer des Caraïbes et des Antilles, l'ensemble du bassin ultramarin m'a offert une autre forme de communion au monde, au rythme de l'eau et du souffle des alizés. J'espère trouver un jour le temps de mettre en mots ces traversées océaniques, si riches en enseignements pour l'âme... même si, je le confesse avec une tendresse toute particulière, face à son énergie volcanique baignée par les eaux de l'océan Indien et à son merveilleux syncrétisme, La Réunion gardera toujours cette place unique : celle de mon île préférée.

 

L.A.D

 

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